Sélection et album lauréat du Prix 2016

2016-1-de-l-autre-coteDe l’autre côté, Léopold Prudon, Les Enfants rouges, 2015

Hamza est tunisien et désire plus que tout une autre vie, fuyant la Tunisie de l’après Ben Ali, un après dont il estime qu’il ne permettra pas de reconstruire le pays sur de nouvelles bases. Il pense qu’ailleurs c’est l’Eldorado et un ami a beau lui dire qu’il y sera seul, qu’il n’aura qu’un job de merde et un logement de merde, rien n’y fait, il part. Le désir, les rêves sont des moteurs implacables, plus que le courage car Hamza a peur, peur de cette traversée où il risque la mort, obsédé par ces fonds sous-marins et la faune aquatique inquiétante sous les dents de laquelle il craint de disparaître à jamais.

Léopold Prudon est né à Paris en 1993. Dès l’âge de 11 ans, il se promet de faire de la bande dessinée, sa profession. Après sa scolarité au lycée Henri IV à Paris, il rejoint l’école Estienne où il étudie l’illustration, et réalise la première version de l’album De l’Autre Côté dans le cadre de son diplôme. Il est désormais étudiant aux arts décoratifs de Strasbourg.


2016-2-l-arabe-du-futurL’arabe du futur tome 1 : Une jeunesse au Moyen-Orient (1978-1984), Riad Sattouf, Allary, 2014

Une enfance dans la Libye de Kadhafi et la Syrie d’Hafez al-Assad.

Né d’un père syrien et d’une mère bretonne, Riad Sattouf grandit d’abord à Tripoli, en Libye, où son père vient d’être nommé professeur. Issu d’un milieu pauvre, féru de politique et obsédé par le panarabisme, Abdel-Razak Sattouf élève son fils Riad dans le culte des grands dictateurs arabes, symboles de modernité et de puissance virile. En 1984, la famille déménage en Syrie et rejoint le berceau des Sattouf, un petit village près de Homs. Malmené par ses cousins (il est blond, cela n’aide pas…), le jeune Riad découvre la rudesse de la vie paysanne traditionnelle. Son père, lui, n’a qu’une idée en tête : que son fils Riad aille à l’école syrienne et devienne un Arabe moderne et éduqué, un Arabe du futur. L’Arabe du futur sera publié en trois volumes. Ce premier tome couvre la période 1978-1984.

Récompenses:

  • Grand prix RTL de la bande dessinée 2014
  • Prix BD Stas/Ville de Saint-Etienne, 2014
  • Prix du Meilleur Album du Festival international de la Bande Dessinée d’Angoulême 2015
  • Prix Social Bd 2016 décerné par les lycéen-ne-s de Bretagne

phtographeLe photographe Tome 1, Lefèvre/Guibert, Dupuis collection Aire Libre, 2012
Fin juillet 1986. Didier Lefèvre quitte Paris pour sa première grande mission photographique : accompagner une équipe de Médecins Sans Frontières au coeur de l’Afghanistan, en pleine guerre entre Soviétiques et Moudjahidin. Cette mission va marquer sa vie comme cette guerre marquera l’histoire contemporaine. Au croisement des destins individuels et de la géopolitique, à l’intersection du dessin et de la photographie, ce livre raconte la longue marche des hommes et des femmes qui tentent de réparer ce que d’autres détruisent.

Didier Lefèvre fait ses premiers reportages photographiques en 1984 à Médecins Sans Frontières. Pour eux, il raconte le contexte des pays dans lesquels se déroulent leurs missions. C’est ainsi qu’il effectue son premier voyage en Afghanistan en 1986, raconté dans Le Photographe. Il quitte MSF en 1988 pour devenir photographe de presse. Depuis 1986, Didier Lefèvre est retourné sept fois en Afghanistan « pour retrouver les gens et observer les changements ». Paraît simultanément à l’album un livre aux Éditions Ouest-France de textes et de photos racontant l’intégralité de ces voyages là-bas.
Frédéric Lemercier est graphiste. Il met en page les dessins et les photos du Photographe et réalise la mise en couleurs.


riche-pourquoi-pas-toi-tome-1Riche, pourquoi pas toi ? Marion Montaigne, Michel Pinçon, Monique Pinçon-Charlot, Dargaud, 2013

Riche, pourquoi pas toi ? une enquête fiction sur l’argent qui raconte l’histoire de Philippe Brocolis, heureux gagnant de la cagnotte du Loto. Avant, les choses étaient simples : pour Philippe, être riche, c’était – eh oui ! – avoir de l’argent ! Pourtant, après avoir reçu son gain, il s’aperçoit que ce n’est pas si simple à définir, la richesse. Avec l’aide des sociologues Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, la famille part à la conquête d’un monde qui lui est totalement étranger, celui de la bourgeoisie.


mauvaisesgenslesLes mauvaises gens, Etienne Davodeau, Delcourt, 2005

Étienne Davodeau vient d’une région catholique et ouvrière, les Mauges. Ses propres parents sont un parfait exemple de gens, dont l’éducation s’est forgée entre l’église et l’usine, mûs très vite par la volonté d’agir. Leur parcours et leurs aspirations sont ceux d’une France à la recherche de justice et de progrès social, de l’après-guerre à l’élection de Mitterrand? 

 

 


lip-tome-1-lip-one-shotLip des héros ordinaires, Laurent Galandon et Damien Vidal, éditions Dargaud, 2014

Avril 1973, personne ne le sait encore, mais les spéculations de financiers suisses vont donner naissance à l’un des mouvements sociaux les plus emblématiques de ces cinquante dernières années. LIP des héros ordinaires en retrace la chronique.

Le cas de la manufacture horlogère bisontine est complexe et ne peut se résumer en quelques lignes, encore moins en une poignée de mots. Beaucoup a été dit, écrit et filmé sur le sujet et il suffit de surfer sur le site de l’INA pour prendre la mesure de cette déflagration sociétale qui ébranla la France pompidolienne et qui sert toujours aujourd’hui de référence.


Le Combat ordinaire, Manu Larcenet, éd. Dargaud, 2003

le combat ordinaire - couverture

À travers l’histoire d’un jeune photographe de presse s’interrogeant sur ce qu’il doit faire de sa vie, Manu Larcenet brosse une comédie parfois drôle, parfois triste sur le passage à l’âge adulte, sur l’amour et les choix qu’il implique, sur notre comportement vis à vis des autres et du passé.

Le Combat Ordinaire s’inscrit dans une veine réaliste, tendre et violente. Tout ce que bien des cinéastes ou des romanciers ont voulu capter sur le passage à l’âge adulte, sur l’amour et les choix qu’il implique, sur notre comportement vis à vis des autres et de l’Histoire, le Combat Ordinaire parvient miraculeusement à le retranscrire, nous le faire partager. Tous les débats stériles sur la guerre d’Algérie, puisqu’il s’agit aussi de ça, prennent une grande baffe dans la gueule. Le Combat est l’oeuvre d’un auteur en état de grâce qui parvient dans une chronique douce amère, jamais intello et toujours légère à parler de façon simple de choses très compliquées. [mot de l’éditeur]


La Survie de l’espèce, Paul Jorion et Grégory Maklès, Futuropolis, 2012

la survie de l'espece - couverture

En une succession de courts chapitres et d’analyses aussi pointues sur le fond, que délirantes dans la présentation, pimentées d’un brin de souvenirs personnels et d’un zeste d’actualité, Paul Jorion brosse au vitriol un portrait érudit et rigolo de l’idéologie politique et de l’organisation de l’humanité actuelles, qui s’acheminent vers leur extinction naturelle, et il propose quelques idées pour l’éviter. Jouant des symboles connus de tous, Grégory Maklès vulgarise les écrits de Jorion, avec la volonté de faire sourire plutôt que de se laisser abattre. [mot de l’éditeur]

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